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This is how it starts - [Andrew & Kyle]

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Kyle Melchior Lake
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MessageSujet: This is how it starts - [Andrew & Kyle] Mer 23 Jan - 0:57

Andrew Collins & Kyle Lake
« If you never try, you'll never know. »

Londres. Je n'avais jamais vraiment aimé cette ville. Ma famille habitait à Londres. Elle n'était pour moi associée qu'à des souvenirs amers de silence gênés, du regard méprisant de mon père et des sanglots étouffés de ma mère. Je ne voulais pas y penser. Pas maintenant. Plus maintenant. Je n'avais plus de temps à perdre à ruminer les années passées avec eux. Aller de l'avant, c'était pour ça que j'étais venu ici. Les pieds glacés, les mains enfoncées dans mes poches afin d'y trouver un semblant de chaleur, le nez caché derrière mon écharpe immense, je remontais les rues les unes après les autres. Rues bien trop peuplées à mon goût. Transplaner n'était pas encore ma spécialité, et au lieu de me retrouver directement dans la rue demandée, je m'étais retrouvé un peu plus loin, proche du centre-ville. Un virage à gauche, un autre à droite, les rues se firent plus calmes, puis désertes. Je sortais rapidement de ma poche la lettre d'Andrew sur laquelle était écrite l'adresse. Bleading Heart Square. Un coup d'oeil rapide à la plaque sur le mur à ma gauche me confirma être arrivé à destination. 172, 174, 178.
Je restais un moment devant la porte sans oser entrer. Je m'étais préparé pour cet entretien, mais je n'aimais toujours pas l'idée de devoir faire mes preuves devant quelqu'un. Tellement de choses reposaient sur ce simple entretien, sur la moindre parole mal placée que je pourrai avoir, sur la bonne humeur de mon interlocuteur. J'allais être jugé. Une fois de plus. Un long soupir m'échappa, et forma un nuage de vapeur épais devant mon visage pendant un instant. Je devrais avoir l'habitude de ce genre de situations, mais j'imagine qu'on ne s'habitue juste jamais à ce genre de choses. Déjà à l'époque les membres de l'ODT me regardaient de loin, murmurant des jugement quant à mes capacités, à ma fiabilité, formulant des espoirs vains sur mon intégration. Je fronçais les sourcils, enfonçais mes mains un peu plus dans mes poches. Tout ça n'avait plus d'importance. Certes il me faudrait passer par d'autres tests, d'autres épreuves, mais au fond, j'étais le seul à blâmer, j'étais celui qui devait reconquérir leur confiance. Je ne voulais plus être celui qui n'appartenait à aucun endroit, car pour la première fois j'avais la profonde certitude de faire ce qui était juste.
J'avançais enfin vers la porte, et entrais. Un couloir obscur et vide devant moi, je pouvais entendre des conversations venant de la pièce tout au fond, dont la porte était entrouverte. En m'entendant refermer la porte, quelqu'un y passa la tête, sembla surpris de voir un visage inconnu dans un tel endroit et entrouvrit la bouche pour parler, ce que je ne lui laissa pas la temps de faire.

« J'ai rendez-vous avec Andrew Collins. A 15h. »

La jeune sorcière disparu à nouveau, échangea quelques chuchotements avec quelqu'un avant d'apparaître à nouveau.

« Première étage, 2ème porte à gauche! »

Je la remerciais d'un signe de tête et gravit les marches calmement, les faisant grincer sous chacun de mes pas. Deuxième porte à gauche. Je m'arrêtais devant la porte, prenant le temps d'y lire le nom indiqué. Je sortais les mains de mes poches, ouvrit et ferma mes poings plusieurs fois pour réchauffer mes doigts engourdis par le froid. Je levais mon poing pour toquer, et lançais un rapide coup d'oeil à ma gauche. Mon coeur manqua un battement et mes yeux se firent ronds comme des billes. Sur la porte voisine à celle d'Andrew, écrit en toutes lettres, était le nom d 'Alan Davis. J'en détournais les yeux vivement, sentant l'instant de panique doucement retomber. Évidemment, Kyle, à quoi tu t'attendais exactement? Ils sont collègues! Je jurais intérieurement de m'être laissé surprendre aussi bêtement par un détail qui était pourtant prévisible. J'avais juste décidé de ne pas y penser. Je n'étais pas là pour ça, pas là pour lui. Je passais une main sur mon visage comme pour en effacer toute trace de stupéfaction, me raclais la gorge, et toquais enfin 3 coups à la porte qui me faisait face avant d'entrer.

« Bonjour, Andrew », lachais-je avant de refermer la porte derrière moi.

Je fronçais les sourcils, mon visage affichant cette expression déterminée que j'affichais plus pour me rassurer moi-même que pour impressionner mon interlocuteur. Je n'étais pas à l'aise. Une main passa dans mes cheveux, une autre se fourra dans une poche à nouveau. Merde, c'était pourtant pas si compliqué, nom d'une mandragore, c'était pas un entretien avec Merlin non plus! Je me raclais la gorge à nouveau et m'avançait d'un pas décidé vers son bureau derrière lequel il était assis avant de lui tendre une main.

« Merci de prendre le temps de me rencontrer. »

J'esquissais un sourire rapide. Tout ça était tout à fait.. Pas naturel du tout. En fait. Je n'avais pas l'habitude de ce genre de formalité avec ce genre de personnes. Pas encore. J'essayais de faire de mon mieux, vraiment, mais tout ça était juste tellement nouveau, tellement différent pour moi. Je croisais son regard et prit une grande inspiration. C'était maintenant que tout se jouait.

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MessageSujet: Re: This is how it starts - [Andrew & Kyle] Dim 3 Fév - 13:43

Andrew Collins & Kyle Lake
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Dire que je n'ai pas été surpris en recevant le hibou de Kyle Melchior Lake serait mentir. A vrai dire, j'ai même du relire la lettre une bonne demi-douzaine de fois pour me convaincre qu'il ne plaisantait peut-être pas. Peut-être. A ce moment là, je me souviens avoir attrapé une plume et un bout de parchemin vierge et d'avoir écrit en grosses lettres : « JAMAIS ». Et puis, plus rien. J'ai fixé le bout de papier et ce simple mot, ce terrible mot, tremblant en son centre. Je me suis assis, et j'ai continué de le regarder longuement, mettant une distance de sûreté entre lui et moi, comme si je refusais d'assumer la responsabilité de ce que je venais d'écrire. Je suis rentré chez moi ce soir là, sans avoir envoyé la lettre, et je me suis servi un verre plus rempli que d'habitude. Kyle Lake. Il n'est qu'un numéro sur un dossier, un nom en bas d'une lettre. Et le début de la fin. Comme si tout avait dégénéré avec lui, comme si tout était de sa faute... Je revois le visage d'Alan, déformé par la folie, et je ferme les yeux pour le chasser de ma vue. J'ai passé la soirée à me demander à quel moment j'avais changé. A quel moment je suis devenu aussi haineux... Alaska dit que c'est cette vie qui nous change. Moi, je crois que quelque chose est parti en vrille. A un moment donné, quelque chose à du se briser en moi, et me faire disparaître. La seule chose qui m'empêche de ne pas devenir fou, c'est elle. Je la regarde, allongée dans le canapé, à regarder des programmes TV moldus comme si elle avait fait ça toute sa vie. Elle me lance de temps à autre de petits regards inquiets, et je lui souris. JAMAIS. C'est ce que j'ai écrit. JAMAIS je ne lui donnerai une chance. JAMAIS je n'accepterai qu'il puisse changer. JAMAIS je n'accepterai que ça puisse ne pas être de sa faute. JAMAIS je n'accepterai qu'il puisse ne pas être comme ses parents. JAMAIS je n'accepterai qu'il puisse être, en fait, quelqu'un de bien... C'est ce que j'ai écrit. C'est ce que j'ai voulu dire. C'est ce que je pense... Et je regarde Alaska, qui regarde toujours des programmes TV moldus comme si elle avait fait ça toute sa vie. Une Serpentard, héritière d'une riche famille de membres de l'ODT. Où on en serait aujourd'hui, si Alan avait pensé comme moi ? Il a été a ma place un jour, et si il a pu le penser, il n'a jamais dit "Jamais". Alaska s'inquiète. Je lui raconte. Elle me dit : « Essaye de le comprendre » Je suis pas sur d'en être capable. Elle me dit : « Essaye ». Alors, le lendemain, je retourne à mon bureau. Le parchemin est toujours posé sur mon bureau, mais cette fois, je n'y jette qu'un rapide coup d'oeil, passant par dessus lui pour saisir un nouveau parchemin, et y écrire mes nouvelles intentions. Puis je m'assois, et je regarde "JAMAIS", me demandant ce que je dois en faire. Je pourrais le jeter, mais au lieu de ça, je prends ma plume, je rature, et j'écris en dessous : « Essaye. », et puis, je le range dans un tiroir.

Le lendemain, j'attends avec impatience et angoisse l'élève qui hante encore le coeur de mon ami depuis deux ans. Mon ami... Mon regard se tourne vers la cloison en plâtre qui a été élevée pour diviser notre bureau en deux, mais ne s'y attarde pas. Kyle est déjà là. Il toque à la porte. Je me redresse, dissimule mon abattement derrière un regard fier, et je jette un coup d'oeil à la photo d'Alaska posée sur mon bureau. Elle me fait un clin d'oeil qui me fait sourire et me redonne du courage. « Entrez ! » Lançais-je fortement. « Bonjour Andrew. » Alors, le voilà. Des cheveux châtains, un gueule de traviole, et une étincelle revêche dans les yeux, je l'imaginais plus imposant, mais c'est vrai qu'il n'a que 19 ans. Pendant un moment, je ne dis rien, encore sous le choc de pouvoir mettre pour la première fois une voix et un visage sur ce nom qui résonne dans mon tête depuis si longtemps. « Merci de prendre le temps de me rencontrer. » Ajouta Kyle alors que je ne répondais rien. Oui, peut-être que je devrais essayer, me dis-je en le voyant sourire péniblement. « Bonjour Kyle. » Répondis-je en me reprenant enfin. « Je t'en pris, assieds-toi. » Kyle s'exécuta, mais je ne cessais de me demander ce que je devais faire maintenant. Je suis fatigué des interrogatoires, et du véritasserum, de l'oclumantie et des sortilèges d'amnésie. Je suis fatigué d'être un Résistant, et je voudrais juste redevenir l'ancien Andrew. Celui qui avait de l'humour, qui faisait chier son monde, et qui aidait ceux qui ne voulaient de l'aide de personne. « Essaye », la voix d'Alaska résonne dans ma tête, et je regarde le tiroir dans lequel "JAMAIS" est rangé. Mon regard se tourne à nouveau vers Kyle et je me penche calmement vers lui. « Qu'est-ce-que je peux faire pour toi ? ».

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MessageSujet: Re: This is how it starts - [Andrew & Kyle] Mar 12 Fév - 21:31

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« Qu'est-ce que je peux faire pour toi? »

J'entrouvrais la bouche dans l'intention de répondre. J'avais préparé mentalement cet entretien, pensé à chaque question piège, chaque perche tendue qu'il me faudrait saisir. Aucun son ne sortit d'entre mes lèvres. Qu'est ce qu'Andrew Collins pouvait faire pour moi? J'aurais pu répondre à n'importe quelle question mais pas celle-ci. Il pouvait décider de me faire confiance, de me donner une seconde chance. Il pouvait décider de mon intégration dans la Résistance. Il pouvait décider de me placer sur leur liste noire. Il pouvait m'apporter la protection qui me rendrait peut-être à nouveau le sommeil. Il pouvait ordonner mon exécution. Il pouvait ordonner mon exécution. Se rendait-il seulement compte du pouvoir qu'il détenait sur mon existence à cet instant précis? Avait-il posé cette question délibérément? Une vague glacée prit possession de mon visage, et descendit le long de ma poitrine jusque dans mes jambes. La paranoïa reprenait doucement le dessus. Ce poison qui voyait des ennemis dans chaque ombre et me forçait à dormir cramponné à ma baguette. Andrew Collins était-il vraiment digne de confiance, ne m'étais-je pas jeté dans la gueule du loup sans m'en rendre compte? Pourquoi ne m'étais-je pas posé la question plus tôt? Parce que j'avais envie d'y croire. J'avais envie de faire confiance à cet homme. Et je n'avais pas le choix. Je comptais jusqu'à 10. 1. Cet homme est là pour t'aider. 2. Tu n'as pas peur de lui. 3. Il ne te veut aucun mal. 4. Tu n'as pas peur de mourir. 5. Ceci n'est pas un piège. 6. Tes ennemis sont à Azkaban. 7. Tu n'as pas peur. 8. Tu n'as pas peur. 9. Tu n'as pas peur. 10. Tu n'as pas peur. Ma main, qui s'était crispée sur ma cuisse, à l'endroit où la bosse formée par ma baguette coincée dans ma poche pouvait se ressentir, se détendit enfin. Les paumes moites, je frottais doucement celles-ci sur mon jean. Mes yeux perdus dans le vide refirent la mise au point sur son visage.

« Tu peux me laisser une chance. »

Je ne savais pas exactement ce qu'Andrew savait de moi. S'il connaissait Alan il en savait certainement trop. Suffisamment pour me juger. Suffisamment pour lui donner l'impression de me connaître. Je n'avais jamais laissé l'occasion à qui que ce soit de véritablement le faire. J'avais formé une coquille de colère si épaisse que je n'avais jamais laissé personne y entrer. Pas Juvelinia. Pas Alec. Pas même Alan. Surtout pas Alan. Une nouvelle coquille avait prit sa place. De peur pure et de paranoïa. Mais je devais laisser Andrew y entrer. Il le fallait.

« Ecoute, Andrew. Je ne sais pas ce que tu sais de moi. Ce qu'on a pu te dire. Ce que tu as pu lire. Tu as peut-être ma bibliographie quelque part dans tes paperasses. Mais tu pourrais la lire cent fois sans jamais me connaître. Tu ne me connais pas. »

Mon ton s'était fait plus agressif que ce que j'avais voulu. Je ne voulais pas créer une confrontation, mais ça avait été plus fort que moi. J'étais fatigué de voir des gens ne connaissant rien de moi me juger en me pointant du doigt. « Not good enough ». Cette phrase me hantait depuis toujours et semblait coller aux lèvres de chaque personne que je croisais. Mais plus maintenant. Je n'étais pas là pour répéter l'histoire mais pour prouver que les choses, les gens pouvaient changer. Pour me le prouver. Je soupirais doucement, mordillant ma joue, à présent plus calme.

« Ce que je veux dire, c'est que j'ai changé. Laisse moi te prouver que j'en vaut la peine. »

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MessageSujet: Re: This is how it starts - [Andrew & Kyle] Jeu 21 Fév - 20:47

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Kyle a l’air complètement décontenancé par mon comportement. Non pas que je sois chaleureux, ou amical, mais au moins, je ne le met pas à la porte d’entrée de jeu. « Ce que je peux faire pour lui » ? Moi-même je n’en ai qu’une vague idée. Théoriquement : tout. Mais est-ce-que j’en ai vraiment envie ? Non. Trop facile de rejoindre la Résistance, quand le plus dur est passé. Trop nombreux, ces résistants de la dernière heure. Mais courageux, peut-être, de changer de camps aussi ouvertement. Malgré moi, je dois bien le dire, je ressens une sincère admiration pour ce qu’il fait. Réussir à ravaler sa fierté à ce point, c’est pas donné à tout le monde, et si ça ne le rend pas plus sympathique à mes yeux, ça le rend au moins plus intelligent. Je ne peux qu’imaginer ce qu’il vit, ce que c’est pour lui de renier tout ce qu’il a toujours connu, quel sacrifice ça a dû être. Les choses ont été plus simples pour moi, à défaut d’avoir été plus faciles. Je n’ai pas eu à choisir, c’était juste logique, compte tenu de la vie que je menais, de mon vécu, et des menaces qui pesaient sur les miens. Je ne peux pas le comprendre. Mais, j’essaye de compatir. Il n’y a qu’une chose, cependant, qui fasse que j’accepte d’aider Kyle : l’égoïsme. Je ne supporte pas l’idée d’être un « Bad Guy ». Je ne veux pas m’endormir en me disant que je suis un salaud, et je ne veux pas que les gens s’endorment en se disant que je suis un salaud. Alan s’endort depuis trop longtemps en pensant ça de moi. Depuis le coup du Veritaserum. Et moi aussi, je m’endors depuis longtemps avec cette image de moi. Depuis que j’ai laissé sa famille mourir sans rien faire. Mais je ne veux pas être ce type-là. Je dois être meilleur que ça. Je le dois à ma famille, je le dois à Alaska, à James. Je me le dois à moi. Alors, je vais me faire violence pour « essayer » avec Kyle Lake.
« - Tu peux me laisser une chance.
- C’est ce que je fais en te recevant aujourd’hui. Quoi d’autre ? »
Ok. Je peux sans doute faire mieux en termes de sympathie. Mon ton est froid et dénué de toute émotion humaine. On est plus proche du commissaire de police que d’Andrew Collins, le clown de service. « Ecoute, Andrew. Je ne sais pas ce que tu sais de moi. Ce qu’on a pu te dire. Ce que tu as pu lire. Tu as peut-être ma bibliographie quelque part dans tes paperasses. Mais tu pourrais la lire cent fois sans jamais me connaître. Tu ne me connais pas. » Reprends Kyle d’une voix décidée. Pendant un instant, je le fixe, durement, sans un mot, avant d’ouvrir violemment le tiroir droit de mon bureau. J’en sors le dossier de Kyle que je laisse tomber bruyamment sur le bureau. Je le regarde à nouveau, m’assurant qu’il a compris de quoi il s’agissait, puis tel un professeur survolant le bulletin d’un élève, je l’ouvre, et je lis. « Kyle Melchior Lake. Fils de Tenor et Clove Lake, membres de l’ODT… Arrête-moi si je me trompe, surtout. Donc…Envoyé chez Serdaigle à l’âge de 11 ans, ce qui a représenté un terrible déshonneur pour lui et sa famille. Décidé à prouver sa valeur, Kyle Lake se rend responsable d’agressions, de vandalisme, et de menaces sur les autres élèves, entamant une escalade dans la violence de ses actes. Hésite pas à m’arrêter si quelque chose n’est pas « toi », hein ! Ensuite,… des témoignages, des plaintes, rapports, blablabla… Ah, ça c’est intéressant : Kyle Lake semble décidé à intégrer l’ODT par tous les moyens possibles. » Je fermais le dossier et levais lentement les yeux vers Kyle. « On pourrait ajouter à ça : début de chantage et liaison avec un membre de la Résistance, mais ça ne figure pas au dossier. » Gardant un moment le silence, mais ne lâchant pas Kyle des yeux, j’attends qu’il comprenne. Si aujourd’hui il revendique une toute autre vie, et une toute autre personnalité, il n’en demeure pas moins qu’il a été ce type-là, ce type dont les méfaits sont aussi impressionnants que le CV d’Alec Pontius au même âge. « Voilà ce que je sais de toi. » Repris-je. « Et tu peux dire ce que tu veux, mais ça, ce qu’il y a d’écrit là-dedans… » Dis-je en tapant sur le dossier de Kyle, « C’est toi. Peut-être pas ce que tu veux être aujourd’hui, peut-être pas ce que tu veux qu’on sache de toi, ni ce qu’on pense de toi, mais que tu le veuilles ou non, c’est toi. Je ne te connais pas ? C’est pas ce que tu penses, qui définis ce que tu es, c’est ce que tu fais. Et d’après ce que je vois là-dedans, t’es pas le genre de mec à qui on devrait donner une deuxième chance. » Je conclus d’une voix posée, ferme, mais sans détour. Si il veut une deuxième chance, il va d’abord falloir qu’il cesse de se prendre pour un incompris et qu’il assume tout ce qu’il a fait jusqu’ici. C’est sûr que je le connais pas de manière intime, mais est-ce-que j’ai besoin de ça pour savoir si, oui ou non, je peux lui faire confiance ? Je ne pense pas. Il n’y a que ses actes qui comptent, et il n’a jamais rien fait de glorieux de sa vie. « Ce que je veux dire, c’est que j’ai changé. Laisse-moi te prouver que j’en vaux la peine. » Soupire Kyle au bout d’un moment. Bien sûr qu’il en vaut la peine, me dis-je dans mon for intérieur. Il dégage un truc, une force enfouie qui, bien utilisée, pourrait faire de grande chose pour la reconstruction de ce monde. « Bon… » Soupirais-je à mon tour. « Commence par m’expliquer pourquoi tu es là. Pourquoi tu nous a livré tes parents, pourquoi… pourquoi ce soudain changement de cap ? » Un instant, Kyle sembla se remettre sur la défensive, et vouloir se fermer à toute discussion. « Dis-toi que c’est un entretien d’embauche, avec tout le questionnaire habituel : quelles sont tes motivations, pourquoi toi, pourquoi nous, etc, etc. » Ajoutais-je avec mon premier sourire sincère depuis le début de la conversation. « Détends-toi, rien de ce que tu diras ne sortira d’ici. Je t’écoute. » Après tout, si lui n’est peut-être pas digne de confiance, moi je le suis. Sinon, pourquoi aurais-je gardé le secret de sa liaison avec Alan pendant tout ce temps… ? center>
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MessageSujet: Re: This is how it starts - [Andrew & Kyle] Mar 26 Fév - 2:11

Andrew Collins & Kyle Lake
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Les mots d'Andrew furent chacun une gifle que je recevais en pleine gueule. Je ne disais rien, j'encaissais. Vissé dans mon fauteuil, je mourrai d'envie de partir en courant. Fuir. Fuir tout ce dont j'avais essayé de fuir. C'est à dire moi. Ou du moins, cette partie de moi. Maintenant que j'avais changé, il m'était difficile de regarder en arrière, de regarder droit dans les yeux celui que j'avais été. D'assumer mes actes. J'aurai voulu tout effacer, brûler tous les rapports et les témoignages. Mais ça aurait été trop facile. Bien trop facile. Si je voulais faire ça bien, il me fallait accepter mon passé, mes erreurs, et en faire une force. Les ignorer ne me mènerait nul part. J'avais conscience de tout ça, je n'étais juste pas sure d'être prêt. Mais ça, Andrew s'en foutait royalement. Prêt ou pas prêt, plus rien ne semblait arrêter son flot de paroles et de déclarations de mes « prodiges ». Il n'était certainement pas là pour me plaindre, là, c'était plutôt clair. Je le fixais, sans rien dire. En moi, je sentais tout de même un sentiment de colère bouillir. Parce que je me sentais humilié. Mais c'est son évocation d'Alan qui finit de faire monter ma pression sanguine. Pas comme ça. Pas la façon dont il venait d'en parler. Comme si j'avais manipulé Alan, qu'il n'avait rien voulu de tout ça. C'était peut-être la façon dont il racontait ça, après tout. Ça me rendait malade. J'avais eu l'intention de le manipuler, oui, mais à la fin, j'avais été celui à me soumettre face à lui. Pourquoi? Pour que Mr Davis donne sa leçon de moral au pro-sang pur que j'étais à l'époque. Les poings crispés sur les accoudoirs, je fermais les yeux. Il fallait, à cet instant précis, me faire violence pour ne pas retourner le bureau d'Andrew avant de me barrer pour de bon.

« Bon… Commence par m’expliquer pourquoi tu es là. Pourquoi tu nous a livré tes parents, pourquoi… pourquoi ce soudain changement de cap ? »

Je rouvrais les yeux et fixais à nouveau Andrew. Si je lui expliquais, allait-il seulement écouter? Après tout ce qu'il venait de me dire, je doutais qu'il ait véritablement envie d'être là, face à moi, à écouter l'histoire de ma vie. Vu l'estime qu'il avait de moi – et que j'avais mérité, certes – tout ça n'était probablement qu'une perte de temps. Pour lui, comme pour moi.

« Dis-toi que c’est un entretien d’embauche, avec tout le questionnaire habituel : quelles sont tes motivations, pourquoi toi, pourquoi nous, etc, etc. Détends-toi, rien de ce que tu diras ne sortira d’ici. Je t’écoute. »

Le sourire qu'Andrew me lança sonna comme un encouragement. Ce n'était pas facile pour moi. Ce n'était pas facile pour lui. Il avait face à lui quelqu'un qui avait, auparavant, autant d'égard pour les sang-mêlés que les personnes qui ont menacé sa vie, sa famille. Accepter de me recevoir était déjà énorme. Plus que ce que je méritais, j'imagine. Je me détendais un peu. Mes muscles tendus se relâchèrent et je croisais mes mains, avant de lancer un regard toujours un peu méfiant dans sa direction. Inspire.

« Kyle Melchior Lake. Fils de Tenor et Clove Lake, membres de l'ODT, homophobes. » Un sourire triste aux lèvres, je le regardais droit dans les yeux, je voulais être sur qu'ils comprenne. « Ca, c'était pas écrit là dedans. » ajoutai-je en faisant un léger signe de tête en direction du dossier étiqueté à mon nom. « Tout ce que j'ai fait, à l'époque, je l'ai fait parce que je pensais que c'était la chose à faire. Ce qui était normal. Parce que ça me donnait l'impression d'exister pour quelque chose. Ca me laissait penser que j'avais le contrôle sur au moins une chose dans ma vie. Et puis un jour, j'ai rencontré Alan. » Je détournais mon regard du sien, gêné. Tout ce que je disais, tout ça, je n'en avais jamais parlé à personne. Jamais. Et mettre des mots en paroles, pas seulement dans ma tête, mais les formuler à quelqu'un, ça me donnait l'impression d'être à poil devant une meute de loups. Je me sentais faible, vulnérable. « Et je suis tombé amoureux de lui. C'était la première fois que je laissais quelqu'un m'atteindre. Et la première personne que je devais aimer était quelqu'un de sang-mêlé. Je pense que c'est ça, qui m'a foutu la claque dans la gueule dont j'avais besoin. Tu vois, il a suffit de ça pour foutre en l'air toutes les convictions que j'avais pu avoir, qu'on m'avait inculqué. Pour me faire comprendre que tout ce pour quoi je pensais me battre, c'était du flanc. Sang-mêlé, sang-pur, né-moldu, putain mais tout ça on s'en fou! On s'en fou parce qu'au final, quand on retourne aux bases, aux sentiments, aux envies, à tout ça, on est tous pareils. »

Emporté par mon propre discours, j'avais relevé la tête, je le fixais à nouveau. J'avais conscience du caractère complétement cheesy de ce que je venais de dire. Mais bordel, j'avais jamais été aussi sincère. Tout ça, je le pensais vraiment. C'était peut-être quelque chose d'évident pour quelqu'un comme Andrew, mais il m'avait fallu beaucoup de temps pour l'accepter.

« J'ai essayé. J'ai essayé de parler à mes parents. A ma mère au moins. Je sais pas.. J'imagine que j'espérais que si j'avais réussi à ouvrir les yeux sur ça, ils en étaient capable aussi. Mon père a essayé de me tuer. Et j'ai vu dans ses yeux, de la haine. Pas juste pour moi, pour tout. Et j'ai compris qu'il ne changerait jamais. Alors oui, je les ai dénoncé à la Résistance. Et je n'ai jamais regretté. »
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MessageSujet: Re: This is how it starts - [Andrew & Kyle] Jeu 28 Fév - 19:29

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« If you never try, you'll never know. »

Durant tout le temps où il prit la parole, je n’interrompis pas Kyle une seule fois. Je me contentais de le fixer d’un regard perçant, le laissant vider son sac (et quel sac !) à loisir. En se livrant honnêtement pour la première fois depuis son arrivée ici, Kyle me donnait enfin ce que j’attendais : l’espoir. Je n’en avais rien à cirer qu’il soit gay, qu’il ait pu faire des conneries pour être accepté, ou qu’Alan ait pu craquer pour lui à un moment donné. Oui, tout ça m’était parfaitement égal, car pour la première fois, Kyle me prouvait qu’il avait bel et bien changé, et laissé loin derrière lui tout ce que contenait mon dossier. Kyle a passé toute son existence à vouloir impressionner ses parents, à prouver sa valeur, à montrer qu’il pouvait être l’un des leurs. Quelle claque ça a dû être pour lui de comprendre que ses parents ne l’accepteraient jamais tel qu’il est, quelque soient ses efforts ou ses « exploits ». Une sacrée claque, en effet. Suffisamment violente pour changer radicalement une manière de penser, un comportement, une personnalité, et rejoindre le camp du seul être humain à l’avoir aimé comme il est, sans conditions. Je me sens soudain honteux d’avoir forcé la main d’Alan il y a deux ans. J’aurai peut-être du montrer plus tolérant ? Non… Je me laisse attendrir par le jeune homme assis devant moi, ce jeune homme farouchement décidé à faire le bien. Mais le Kyle d’il y a deux ans n’avait rien d’attendrissant, lui. Mais peut-être qu’ils n’avaient pas besoin d’être séparés pour que Kyle finisse par changer… Peu importe ! Avec des « si » on mettrait Poudlard en bouteille, et ni eux, ni moi, ni personne ne peut changer ce qui a été fait. Je dors déjà suffisamment mal comme ça pour prendre en plus la responsabilité des échecs sentimentaux d’Alan. Une chose est sûre pourtant – quoi qu’il ne fut pas nécessaire d’en douter – le Choixpeau Magique a encore eu raison, même pour Kyle Lake.

Pendant quelques secondes, plus personne ne parla. Kyle avait une lueur farouche dans les yeux, celle de l’homme qui assume finalement son parcours et son vécu. J’appréciais ça, moi qui avais encore du mal à assumer certaines de mes décisions, certains de mes erreurs. Je me demande si Kyle a déjà connu une période de sa vie durant laquelle il n’a pas eu à faire ses preuves. D’abord sa famille, puis l’ODT, maintenant la Résistance… Comment fait-il pour ne pas détester l’humanité entière de ne pas lui faire simplement confiance ?
Peut-être que c’est à moi de lui faire confiance… ? Après tout, lui m’a fait confiance en se livrant sur son passé et ses sentiments. Il est peut-être temps pour moi d’en faire de même et de lui tendre la main… Combien de types, aussi contaminés par le mal, s’en sortent et changent volontairement de camp ? Un sur cent ? Un sur mille ? Je ne veux pas tout faire foirer et réduire miracle à néant. Alors, de ma main droite, je pousse le dossier de Kyle sur le côté du bureau, loin de nous, et je me penche en avant. « Bon, voilà ce que je te propose… » Déclarais-je calmement. « Je te formerai personnellement et j’en prendrai l’entière responsabilité auprès des grands patrons. Mais si tu me plantes, je te jure que je te livre à tes parents. » Clair, net, précis, et c’est à prendre ou à laisser. Mais Kyle n’a aucune raison de refuser une offre pareille, je le sais bien. On a qu’à dire que c’est ma façon d’essayer de me rattraper vis-à-vis d’Alan… Peut-être que tout n’est pas perdu, figé. Peut-être que je pourrais arranger les choses après tout. J’espère juste ne pas être en train de commettre la plus grande erreur de ma vie. Prêt à conclure l’entretien, je me lève, et tend la main à Kyle en souriant. « Bienvenue dans la résistance, Kyle ! »

© Chieuze


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